La règle des trois.

Ma vie est régie par plusieurs règles, règles que j’ai moi même édictée lors de ma découverte de nouvelles choses. Et celle qui me surprendra le plus, toujours, ce sera la règle des trois.

Avant de la présenter, je dois vous expliquer dans quel contexte elle s’applique. Et vous l’avez tous vécu au moins une fois.

Ca ne vous est pas déjà arrivé de détester un nouveau jeu vidéo, puis de vous y habituer ?

Ca ne vous est pas déjà arrivé d’écouter un nouvel album, le trouver horrible, et finalement l’écouter en boucle ensuite ?

Et vous pouvez itérer cet exemple pour n’importe quel produit culturel ou activité à réaliser. Et bien chez moi je me suis rendu compte d’une chose : Quand je suis réfractaire à un quelque chose, je me laisse toujours trois essais pour tenter d’apprécier cette chose. Si au bout du troisième essai, je n’adhère toujours pas, je laisse tomber.

Et là où ca deviens amusant, c’est que dans mon expérience personnelle, c’est toujours au troisième essai que j’arrive à adhérer. Mais encore plus contradictoire : Généralement les choses qui passent par la règle des trois sont des choses qui vont profondément me marquer, et qui, malgré le fait que j’ai eu du mal à entrer dedans, vont être notables pour moi.

A force d’y réfléchir, je crois avoir compris pourquoi ceci à un tel impact sur moi, et pourquoi c’est TOUJOURS au troisième essai.

Généralement le premier contact se fait toujours par de la communication extérieure. On a vu un nouveau jeu, ou tel jeu est culte, alors on va y jouer. Ou alors on a vu la pub d’un nouvel album d’un artiste, et on va l’écouter. Si jamais on n’adhère pas immédiatement, il va donc y avoir un sentiment de rejet.

Mais c’est nul ! Je comprends pas pourquoi […] est autant aimé, ou pourquoi c’est culte !

Je pense sincèrement que ce sentiment de rejet de ne pas adhérer à quelque chose de fédérateur provoque deux sensations possibles :

  • Soit on se sens en décalage des autres alors qu’on aimerait adhérer à cette mouvance, et du coup on va se sentir frustré et à l’écart
  • Soit notre petite fibre hipster aime être en décalage des autres, et on va donc nourrir cette différence pour se démarquer

Si on essaye d’y revenir, lors du second contact, c’est pas l’idéal pour apprécier le produit. Certes, on va tenter d’être plus indulgent, on sait déjà tout ce qui nous plait pas. Mais je pense qu’on va avoir tendance à reporter la frustration accumulée précédemment sur le produit, en ne lui laissant finalement aucune chance.

On a tenté de réessayer, mais c’est toujours de la merde. Bon bah marre.

Généralement, le troisième essai arrive bien plus tard. Et il est dans de bonnes conditions. Vous savez déjà en quoi ce qui vous est proposé vous déçoit. Vous savez déjà ce qui ne vous plait pas, vous l’avez expérimenté deux fois. Vous n’en attendez presque plus rien.

Alors, plutôt que de vous concentrer sur ce qui ne vous plait pas, qui va devenir banal pour vous, votre esprit va être ouvert aux bonnes surprises. Vous allez être beaucoup plus ouvert sur les qualités du produit et vous en imprégner. Et cela explique peut être pourquoi cela vous marque autant positivement.

Afin d’illustrer mes propos, je vous propose trois moments dans ma vie, où la règle des trois s’est appliquée pour moi.

Jeu vidéo : Fallout New Vegas.

Fallout Newvegas est le deuxième jeu 3D de la série Fallout, développé non pas par Bethesda, comme son prédécésseur Fallout 3, mais par les génies d’Obsidian Entertainment.

Et justement. Moi qui avait beaucoup aimé le 3, mais lui avait trouvé un nombre colossale de défauts génants j’en attendait énormément de Fallout NV.

Le rejet initial : Le début de Fallout NV est lent. Horriblement lent. Et terriblement ressemblant au début de Fallout 3 (Pas en terme d’histoire, mais en terme d’intérêt et de gameplay.) J’ai eu cette très, très désagréable sensation de jouer à une redite. Vu que le jeu n’améliore ni ses graphismes, si son gameplay, j’ai vraiment cru jouer à un Fallout 3.1. La déception était immense alors je l’ai désinstallé.

J’ai retenté l’expérience 1 mois plus tard, même effet.

Et j’ai retenté l’expérience une troisième fois un an après. Et là, la claque. Je m’étais imposé 3h de gameplay pour aller au délà de ma première impression… Et j’ai découvert la vraie qualité de Fallout NV : Son écriture. Son scénario. Ses dialogues. Ses personnages. Ses quêtes et ses choix lourds de conséquences…

Encore aujourd’hui, pour moi Fallout NV PULVERISE les jeux les plus récents qui proposent ce genre de choix a conséquences, et est tellement mieux écrit qu’une quantité de jeux sortis aujourd’hui. Et j’ai pu du coup arrêter d’être décu du gameplay inchangé, mais simplement me dire que c’était une base que j’avais apprécié dans Fallout 3, qui m’a permis de découvrir le scénario de ce jeu incroyable.

Musique : PNL.

PNL est un groupe de cloud rap, de deux frères Ademo et Nos, qui ont commencé à buzzer en 2015, pour vraiment exploser en 2016/2017.

Ceux qui me connaissent le savent, j’écoute absolument de tout, je suis un fan inconditionnel de musique. Mais oh bordel j’ai eu du mal avec PNL.

Rejet initial : Je ne comprenais pas la démarche de PNL. J’ai rien contre le rap de teubé hein, Or Noir de Kaaris reste pour moi un de mes albums de rap préféré ou le seul concept de l’album c’est de balancer des punchlines toutes plus sale les unes que les autres.

Mais on sentait dans leurs textes qu’ils voulaient dire quelque chose, mais j’étais totalement hermétique au style, a l’ambiance, au concept musical. J’ai tenté deux fois d’écouter l’album sans succès.

… Et un jour, la troisième fois, je me suis rendu compte de quelque chose. Déjà les textes font du story telling intéressant mais plus que cela… La musique entière de PNL est une mélodie. Les voix, le vocodeur, le cubase, tout les effets sonores en sommes, mêlés a la prod créent un tout très harmonieux, et en réalité très mélodique.

Pour moi, l’exemple parfait de ca, c’est Naha. C’est la musique qui m’a fait apprécié PNL. Pour ceux qui ont du mal avec PNL, posez vous, soyez au calme et écoutez cette musique comme une mélodie, ou la voix est un instrument.

C’est d’ailleurs pour ca que j’ai du mal à considérer PNL comme des rappeurs. Car même dans leurs chansons plus vénères comme « DA » je retrouve ce coté mélodique avec des lyrics moins travaillés sur le côté « punch/street cred » mais davantage sur la mélodie liée au beat.

Livre : Harry Potter.

ALORS LA. Je sais que je vais en étonner plus d’un. Moi qui ai fondé une équipe de Quidditch. Moi qui est un gros potterhead. Moi qui ait lu chacun de ces bouquin trente fois.

Et bien oui, Harry Potter n’est pas seulement un des produit qui est passé par ma règle des trois. C’est la TOUTE PREMIERE règle des trois que j’ai vécu dans ma vie.

Rejet initial : La première fois que j’ai lu Harry Potter j’étais jeune. Et je lisais beaucoup de choses différentes. J’avais lu l’affaire Caïus et l’Île du crâne en livres plutôt jeunesse, mais je lisais aussi les chroniques de Krondor, Gor l’anti terre, et je faisais même mes armes en science fiction avec 1984 et Farenheit 451

Et n’importe quel Potterhead vous le dira. Le premier roman de la saga ne reflète pas du tout la qualité des 6 autres livres. Trop enfantin, pas assez dense, même moi, quand j’étais petit, je me suis ennuyé dans le trop long début du roman chez les moldus.

Mais lors du troisième essai… A cette époque, j’avais commencé à piquer les cahier de brouillon du collège pour écrire. C’était le début d’Aldy, le petit écrivain. Et lorsque j’ai tenté de relire Harry Potter, j’ai vu… Tout l’univers, tout le voyage que propose le roman, malgré son côté enfantin.

C’était la première fois que je lisais non pas pour m’occuper, ou pour lire une histoire, mais pour vraiment m’imprégner d’un monde.

Et c’est ainsi qu’avec la règle des trois, Harry Potter devint mon roman préféré.

Alors je la remercie beaucoup, cette petite règle des trois. Et maintenant que j’en ai conscience, je fais plus attention à mes jugements sur des œuvres culturelles.

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